Le rock a perdu un Maître

Le 3 juillet 1971, à 5 heures, à Paris, James Douglas Morrison décède d’une crise cardiaque, à l’âge de 27 ans. Il sera inhumé au cimetière du Père-Lachaise, selon sa volonté.

 

Le 6 juillet Alan Ronay aide Pam a acquérir un emplacement pour la sépulture de Morrison. Et le 7 juillet, vers 9h20, ils ne seront que cinq autour de la fosse de la 6 ème division, rangée 2, allée 5 : Paméla Courson, Agnès Varda, Alan Ronay, Bill Siddons et Robin Wertle.

La version officielle de la mort de Morrison n’est pas très crédible. Il semblait inévitable que ce décès prématuré, ces obsèques précipitées sans même une autopsie pour déterminer les causes de la mort, dans un pays étranger de surcroît, provoquât des rumeurs et de nombreuses interrogations. Plusieurs thèses s'affrontent. Que s’est-il passé cette nuit du 2 au 3 juillet ? Pour certains, Jim aurait été assassiné dans le cadre d’un vaste complot visant à éliminer les éléments de la contre-culture, le FBI avait une « liste noire » de personnalités charismatiques « dangereuses », pour ne pas dire « à abattre » : Martin Luther King, Janis Joplin, Jimi Hendrix … et que Jim Morrison figurait sur cette liste. Pour d’autres, Jim serait tombé dans le coma, au Rock’n’roll Circus ou à l’Alcazar, et aurait été ramené par deux personnes (parfois désignées comme étant Marianne Faithfull et Jean de Breteuil), puis l’aurait déposé dans la baignoire pour le réanimer, mais il aurait succombé d’une overdose. Une autre thèse a longtemps circulé, selon laquelle, Jim lui-même, aurait créé une mise en scène, pour tirer un trait sur son passé afin qu’il puisse s’enfuir anonymement pour recommencer sa vie en Afrique. Ce qui donnera lieu à diverses visions de Morrison dans plusieurs villes du monde.

Toutes les thèses entourant sa mort, allaient du plus vraisemblable au plus incroyable, voire à la fantaisie. De nos jours, on est à peu près sûr que Jim serait bien tombé dans le coma, peut-être même décédé dans un bar. La situation n’étant pas la meilleure, pour l’image déjà bien effritée de Jim, on l’aurait transporté dans son appartement et placé dans la baignoire (mais tout reste à prouver !).

 

Le 13 juillet, Bill et Pamela, rentrent aux États-Unis. A son arrivée à Los Angeles, Bill fera cette déclaration : « Je viens de rentrer de Paris où j’ai assisté aux funérailles de Jim Morrison […] j’espère que l’on se souviendra de lui comme un chanteur de rock et un poète, mais aussi comme un homme bon. C’était la personne la plus affectueuse, la plus humaine, et la plus compréhensive que je n’ai jamais connue, […]».

La nouvelle est accueillie comme un fait banal, vu que Jim fut enterré, malencontreusement de la part de certains journalistes peu scrupuleux de leur travail et cela plusieurs fois dans sa carrière. Mais dès lors, s’opère un culte de pèlerinage vers sa concession.

« Toutes les choses doivent d’abord porter des masques terrifiants et monstrueux afin de s’inscrire dans le cœur des hommes » (Nietzsche).

La tombe de Jim Morrison, proche de celle d’Auguste Comte et de Ferdinand De Lesseps, reste l’une des plus visitées. Les autorités et les riverains sont agacés par les dégradations permanentes, notamment les graffitis, sans compter les minis concerts spontanés, les sit-in " herborisés" et les expositions les plus hétéroclites. Un gardien est spécialement affecté à sa tombe, et pas moins de neuf caméras surveillent les alentours. Une polémique se serait instaurée autour de l’incessant tumulte, donnant lieu à une pétition, remettant en question la concession à perpétuité. En septembre 2000, Ray Manzarek a pris l’affaire au sérieux. Demandant aux fans que soit respectée la volonté de Morrison d’être au milieu des grands écrivains français qu’il admirait tant. Il semblerait avoir été entendu, mais selon son conseil : « n’inscrivez rien sur les autres tombes, c’est enfantin. Faites ce que vous voulez sur celle de Jim. Respectez le voisin et défoulez-vous sur la sienne. Vous avez ma permission et celle de Jim ».

Quatre décennies après sa mort, Morrison, avec son côté révolutionnaire et anarchiste aura poussé plusieurs générations de compositeurs, de chanteurs et d’artistes en tous genres, à s’exprimer librement. De nos jours, les expériences du professeur Morrison sont encore des exemples à prendre pour beaucoup d’artistes.

L’utilisation des musiques des Doors dans les films n’est pas rare : « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola (également étudiant à UCLA dans la même promotion que Morrison et Manzarek) reprend « the end » ; pas moins de neuf chansons des Doors dans « Forrest Gump » de Robert Zemeckis, ce même réalisateur fera chanter « light my fire » à Tom Hanks dans « Seul au monde », etc.

Les hommages non plus ne manquent pas. Souvent subtilement placés dans des chansons telles « Petite conne » de Renaud, « Chanter, c’est lancer des balles…» d’Alain Souchon, « Ex fan de sixties » de Jane Birkin, ou plus flagrant, avec le magnifique hommage, « So long, Jimmy » de James Blunt, et bien d’autres encore. On peut également noter dans certains épisodes des Simpsons de brèves apparitions des Doors.

Les livres sur Morrison, ainsi que les disques des Doors se vendent encore aujourd’hui, à des milliers d’exemplaires.

 

Morrison, une fascination et un magnétisme intact. La magie opère toujours, de génération en génération. Ce qui nous prouve, que le " Chaman du Rock " est encore bien présent dans beaucoup d’esprits.

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